Notre rencontre avec Valérie est le fruit du hasard, qui certes a été un peu aidé par Jean-Marie, le Président de l’Aéroclub de Pointe-Noire au Congo. L’avion, un Maule M5, de 30 ans mais tout pimpant, que j’ai laissé parqué à l’Aéroclub de Pointe Noire a capté l’attention de Valérie lors de son étape à Pointe Noire et aiguisé sa curiosité, suffisamment pour qu’elle ait envie de faire un stop à Vendée Air Park, où nous avons notre domicile.

Une fois les contacts e-mails établis, Valérie nous appelle en mai, pour nous demander si elle peut passer nous dire un bonjour sur l’avant dernière étape qui la ramènera à sa maison en Belgique.

Elle en profitera pour nous donner les nouvelles de Pointe Noire et de l’escadrille des ULM de Pointe Noire, que nous avons laissée il y a quelques mois, en raison de notre retour en France.

Nous sommes intrigués par cette grande voyageuse, qui est en train de boucler son tour d’Afrique, seule, dans un petit coucou rustique.

Valérie arrive avec son Piper Cub par une belle matinée de mai à Vendée Air Park, notre port d’attache en Vendée et c’est pour Irène, mon épouse, et moi-même, le moment de découvrir qui est cette aventurière, qui vient de parcourir seule des milliers de kilomètres sur un continent désormais dangereux, où l’idée d’un grand voyage en avion nous parait aujourd’hui exclue, en raison des pièges de toutes sortes qui guettent le voyageur dans ces contrées. 

Echanges à bâtons rompus, partage d’anecdotes. Evocation de son escale à Pointe Noire, où nous avons vécu plus de 40 ans et des endroits de son périple, dont certains sont désormais mythiques tels que Cap Juby, où plane le souvenir de l’Aéropostale Mermoz et St Exupéry.  Valérie a dormi lors de son escale à Tarfaya dans la chambre d’hôtel qu’occupait St Ex. !!  Je n’en crois pas mes oreilles, moi qui ai survolé ce coin d’Afrique il y a une dizaine d’années et qui ai appris ensuite que le terrain d’aviation inconnu, là, sous mon aile, à la Pointe la plus ouest du continent Africain, et dont je n’avais retenu que les immenses croix blanches presque noyées dans le sable couvrant le début de la piste,  était chargé de tant d’ Histoire et d’émotions aéronautiques !

Nous partageons le temps de l’après-midi un vol en Ulm sur l’ile d’Yeu. La côte de Lumière nous offre ses images magnifiques et paisibles, dans cette douce journée, radieuse, de fin de printemps. … Mais il est déjà temps pour Valérie de préparer pour le lendemain sa dernière étape, qui la ramène à la maison.

Au petit matin, je la précède d’un coup de vélo sur le taxiway Delta de Vendée Air Park.

 Le N 45458 s’aligne sur la piste 21 décolle et disparait   vers le Nord…. Bon vol Valérie, ce court moment en ta compagnie et tes anecdotes ont réveillé   notre imaginaire et nous ont fait rêver aux grands espaces de l’Afrique.

Et puis, l’aviation, c’est trop génial, surtout quand elle se raconte et se partage entre passionnés !

 Tout de même, quel périple !  Et toute cette aventure accomplie par une femme seule et son petit avion ….  Respect, Valérie !!