Ma rencontre avec Lady Bush

En ouvrant ma boîte mail un beau jour d’hiver en 2018, je découvrais en quelques lignes les péripéties d’une pilote qui après avoir survolé l’est et le sud de l’Afrique, était bloquée depuis plusieurs semaines par les éléments en Guinée équatoriale.

Je ne sais comment elle a eu mes coordonnées mais suite à sa demande, je me fis un devoir de l’aider à sortir du « trou à pluie » dans lequel elle s’était plantée.

Il faut savoir que ce trou à intempéries s’appelle le « Pot-au-noir » ou en d’autres termes le « FIT alias le Front Inter Tropical » qui à cette époque de l’année s’amuse à arroser abondamment pendant plusieurs semaines toutes les régions équatoriales du globe.

Ce fut un plaisir pour moi de l’aider à trouver une fenêtre météorologique favorable pour reprendre le cours de son aventure vers le nord-ouest de l’Afrique et le sud de l’Europe.

Quelques semaines plus tard , les éléments décidèrent enfin de se calmer sur mon ordinateur et surtout autour du Golfe de Guinée, et voilà notre Lady Bush décollant un beau matin en direction du Mont Cameroun pour rejoindre quelques jours plus tard , en longeant la côte, le sud du Nigéria malgré une visibilité parfois médiocre ce qui n’est vraiment pas inhabituel dans ces régions intertropicales.

La suite des vols vers le nord devenait relativement simple car elle s’éloignait de plus en plus des intempéries équatoriales et rejoignait les régions météorologiques nettement plus calmes et surtout agréables à survoler sous la protection des alizés et surtout de l’anticyclone des Canaries souvent présent en hiver sur l’ouest du Maghreb.

Bref pour son arrivée en Europe, nous (Dame météo et moi-même) avons encore pu lui concocter d’agréables situations anticycloniques qui pour un météorologue européen retraité, n’ont plus beaucoup de secret …